Petit bijou d’écriture, « La forêt de flammes et d’ombres », le dernier roman d’Akira Mizubayashi, reprend les thématiques préférées de l’auteur : l’amour et l’amitié, l’art et la musique, la magie de la psychologie animale… confrontés à l’épreuve de la guerre.
Comme dans ce qui pourrait être une manière de revisiter l’imaginaire de « Jules et Jim », Le roman met en scène 3 artistes, deux jeunes hommes, Ren et Bin et une jeune femme, Yuki, à l’aube d’une carrière prometteuse, mais dans un Japon, quelques semaines avant la fin de la guerre, qui n’en finit pas d’entretenir le mythe de sa toute-puissance.
Arrive la feuille de mobilisation qui scellera le destin de Ren, peintre et amoureux de Yuki, fracassant tous ses espoirs et le laissant amputé des bras face à la (sur)vie après la guerre, les rêves déchus, et l’expression désormais inaccessible de son talent.
Le récit, douloureux et magique, opère comme un conte japonais. L’écriture est sobre. La beauté intérieure de chacun des membres du trio, modeste et admirable, est à l’image de leurs talents respectifs dans les domaines de la peinture et du violon. La musique surtout, grande passion de l’auteur, à laquelle il avait déjà consacrée une trilogie, d’« Ame brisée à « Suite inoubliable », est omniprésente, apaisant les souffrances et stimulant les sensibilités.
