En 2020, au moment du deuxième confinement, c’est à Barfleur, dans la Manche, que Christophe Boltanski se replie avec ses filles. La maison familiale l’attendait, habitée du souvenir très flou de ses ancêtres dont une photographie, accrochée au mur, conservait la mémoire, sans qu’on sache bien qui était qui et à quelle époque elle avait été prise. D’une boite métallique surgissent 5 poèmes qui semblent l’œuvre de l’un ou l’une des habitants de la maison. L’imagination s’emballe. Christophe Boltanski met ses pas dans ceux de son arrière-grand-père, Ernest, douanier de son état, dont il parcourt le cheminement quotidien entre terre et mer. Peu à peu l’écheveau entier de la branche maternelle se délie, entrainant l’auteur loin du Val de Saire, dans un sanatorium du Massif central et jusqu’aux portes d’Auschwitz.
Hommage à ses ancêtres, sans histoire, mais malmenés par la maladie et par les deux grands conflits mondiaux, « Le trait de côte » donne lieu à une évocation pleine de poésie d’un univers de bord de mer, qu’on voudrait immémorial, mais bousculé lui-même par les effets du dérèglement climatique. Une ode tout en délicatesse aux gens du pays.
